Plus sécuritaire de traiter les caillots sanguins avec de l’Apixaban plutôt qu’avec du Rivaroxaban, selon un important essai clinique sur les thromboses veineuses
Le premier essai clinique faisant une comparaison directe entre deux médicaments couramment utilisés pour traiter les thromboses veineuses s’est conclu par une victoire nette : s’il est vrai que les deux médicaments sont efficaces dans la prévention de la récurrence des caillots sanguins, l’Apixaban est plus sécuritaire que le Rivaroxaban, avec moins de complications liées aux saignements.
On parle de thrombose veineuse lorsqu’un caillot sanguin se forme dans les veines des jambes ou les poumons. C’est la troisième principale cause de décès liée à une maladie cardiovasculaire après les crises cardiaques et les AVC, et c’est la cause de décès évitable la plus courante chez les patients hospitalisés.
Les lignes directrices cliniques recommandent actuellement que les patients se rétablissant d’une thrombose veineuse prennent pendant trois mois un anticoagulant comme de l’Apixaban ou du Rivaroxaban pour éviter l’apparition d’autres caillots. Bien que ces médicaments soient efficaces dans la prévention des caillots sanguins, de graves saignements figurent parmi les effets secondaires.
L’essai COBRRA, mené par des chercheurs de L’Hôpital d’Ottawa au Canada, a eu pour objectif de faire une comparaison directe des saignements sous Apixaban et Rivaroxaban chez des patients souffrant de thrombose veineuse. L’essai a inclus 2 760 personnes au sein de 32 établissements au Canada, en Australie et en Irlande.
Les résultats montrent une différence majeure dans les risques de saignements
Les résultats ont montré que 7,1 % des participants qui avaient reçu du Rivaroxaban avaient eu des saignements importants d’un point de vue clinique au bout de trois mois, comparativement à 3,3 % des participants à qui l’on avait donné de l’Apixaban, ce qui représente plus du double du risque de saignement avec leRivaroxaban. Aucune différence notable n’a été constatée quant au risque de récurrence de caillots sanguins.
« Cet essai fournit aux médecins des preuves très attendues et il devrait véritablement tranquilliser les patients souffrant de thrombose veineuse qui vivent souvent avec la double crainte de la récurrence de caillots sanguins et de saignements, » de dire l’auteure principale de l’étude, la Dre Lana Castellucci.
« Ces résultats montrent clairement que l’Apixaban est l’option la plus sécuritaire pour traiter les thromboses veineuses », de dire l’auteure principale de l’étude, la
Dre Lana Castellucci, scientifique principale et médecin spécialiste de la thrombose à L’Hôpital d’Ottawa ainsi que professeure à l’Université d’Ottawa. « Cet essai fournit aux médecins des preuves très attendues et il devrait véritablement tranquilliser les patients souffrant de thrombose veineuse qui vivent souvent avec la double crainte de la récurrence de caillots sanguins et de saignements. »
« Cet essai novateur et ses conclusions, qui appellent à un changement des pratiques cliniques, démontrent l’influence majeure que peut avoir une recherche clinique dirigée par le milieu universitaire et financée par des fonds publics pour répondre à des questions qui comptent véritablement pour les patients », de dire l’auteur principal, le Dr Marc Rodger, chef du Département de médecine au Centre universitaire de santé McGill, scientifique principal à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill et scientifique principal associé à L’Hôpital d’Ottawa.
La Dre Vivien Chen, hématologue et responsable de la clinique des thromboses au Concord Hospital and professeure de médecine à l’université de Sydney, a souligné l’importance d’une participation internationale.
« Comme il s’agit d’un essai sur les normes de soins mené en contexte réel dans trois pays, ces résultats ont une importance incontestable à l’échelle mondiale, dit-elle. Des patients en Australie, au Canada et en Irlande ont été traités selon une pratique clinique courante, permettant ainsi aux conclusions tirées de s’appliquer plus largement à une variété de systèmes de santé et de patientèles. »
Impact majeur pour les patients
Jonathan Love, l’un des participants à cet essai clinique, convient que les résultats sont importants pour les patients. Cet Ottavien retraité s’y est inscrit en janvier 2025 après avoir reçu un diagnostic de thrombose veineuse.
Mon traitement a été couronné de succès, et cela fait du bien que savoir que j’ai joué un petit rôle dans cette étude qui va aider de nombreuses autres personnes.» , explique le participant à l’essai Jonathan Love.
« Je suis allé à l’urgence, parce que l’une de mes jambes était enflée. Après quelques examens d’imagerie, les médecins ont trouvé un très gros caillot dans ma jambe et de nombreux autres gros caillots dans mes poumons, de dire Jonathan Love. J’étais bien sûr inquiet, mais je savais que j’étais entre de bonnes mains. Mon traitement a été couronné de succès, et cela fait du bien que savoir que j’ai joué un petit rôle dans cette étude qui va aider de nombreuses autres personnes. »
Référence complète :
Bleeding Risk with Apixaban vs. Rivaroxaban in Acute Venous Thromboembolism. L.A. Castellucci, V.M. Chen, M.J. Kovacs, A. Lazo‑Langner, P. Greenstreet, S. Kahn, B. Côté, S. Schulman, K. de Wit, J. Douketis, D. Suryanarayan, T. Wan, E. Yeo, G. Le Templier, H.A. Tran, A. Willcox, H.J. Crowther, R. Prasad, S. Shivakumar, E. Umana, F. Ni Ainle, T. Tritschler, S. Barco,6 J.-P. Galanaud, M. Blondon, L. Baumann Kreuziger, S. Solymoss, C. Kearon, E. Thomas, T. Ramsay, G. Le Gal, and M. Rodger, for the COBRRA Trial Investigators. New England Journal of Medicine. 2026;394:1051-60. DOI: 10.1056/NEJMoa2510703
Financement et remerciements :
L’essai COBRRA a été financé par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Medical Research Future Fund en Australie, en plus de bénéficier d’un appui non financier du Collège royal des médecins (Royal College of Surgeons) en Irlande et du réseau mondial des réseaux sur les recherches cliniques sur la thrombose veineuse (International Network of Venous Thromboembolism Clinical Research Networks). Le Centre de méthodologie d’Ottawa a apporté un soutien de base. L’essai pilote a été financé par le réseau CanVECTOR.
L’Hôpital d’Ottawa est l’un des plus importants hôpitaux d’enseignement et de recherche au Canada. Son personnel est inspiré par la recherche et guidé par la compassion pour offrir d’excellents soins. Troisième employeur en envergure de la région d’Ottawa, son personnel de soutien, ses chercheurs, son personnel infirmier, ses médecins et ses bénévoles cherchent sans relâche des solutions aux défis les plus complexes en santé. Affilié à l’Université d’Ottawa, l’Hôpital attire dans ses établissements répartis sur plusieurs campus des scientifiques parmi les plus influents au monde. Forts du généreux soutien des gens de la région, nous nous engageons à offrir des soins de calibre mondial et des services exceptionnels avec la compassion digne des personnes qui nous sont chères. Pour plus d'informations sur la recherche à L'Hôpital d'Ottawa, visitez le site www.ohri.ca.
Installations :
En savoir plus :
Renseignements pour les médias
Jennifer Ganton
Directrice générale, Communications et Relations publiques
Institut de recherche de l'Hôpital d'Ottawa
jganton@ohri.ca
613-614-5253