Quand tester des patients hospitalisés pour savoir s’ils ont des troubles respiratoires du sommeil?

Plus de 10 % des adultes souffrent de troubles respiratoires modérés à graves pendant leur sommeil, mais nombreux sont ceux qui l’ignorent. Parfois, c’est un membre du personnel hospitalier qui est le premier à remarquer le problème, lorsqu’un patient passe la nuit à l’hôpital. 

Faut-il réaliser un dépistage des troubles respiratoires du sommeil (TRS) chez ces patients pendant leur hospitalisation, ou les orienter vers un dépistage en milieu communautaire après leur congé de l’hôpital? Cette question est importante, car les TRS non traités sont associés à des taux plus élevés d’accidents vasculaires cérébraux et d’infarctus du myocarde ainsi qu'à des complications liées à la sédation et à des hospitalisations plus longues. 

Selon une étude menée par la Dre Tetyana Kendzerska et publiée dans Annals of the American Thoracic Society, il serait préférable de faire une étude du sommeil dans le mois suivant le congé de l’hôpital.

L'équipe a analysé les données administratives relatives à l'utilisation des ressources en santé et à la survie un an après l'hospitalisation chez l'ensemble des adultes de l'Ontario entre 2012 et 2018. Elle a comparé les patients hospitalisés ayant fait l’objet d’une étude du sommeil (polysomnographie) pendant leur hospitalisation à ceux ayant eu une telle étude dans le mois suivant leur congé, ainsi qu'à des patients hospitalisés similaires n'en ayant pas eu. 

La femme regarde la caméra

« Nos travaux de recherche semblent indiquer que, chez certains patients, le fait de reporter l’étude du sommeil jusqu’après leur congé de l’hôpital permet d’obtenir des résultats similaires, voire meilleurs, à moindre coût », a déclaré la Dre Tetyana Kendzerska.

Dans cette vaste étude menée auprès de la population générale, les études du sommeil réalisées après le congé de l’hôpital ont été associées à une meilleure survie et à des coûts de santé moins élevés que celles faites en milieu hospitalier. Si les études réalisées en milieu hospitalier étaient associées à une meilleure survie que l'absence d'étude, elles nécessitaient toutefois davantage de ressources en santé. Ces conclusions semblent indiquer que, pour de nombreux patients chez lesquels on soupçonne des troubles respiratoires du sommeil, le fait de reporter l’étude du sommeil jusqu'après le congé de l'hôpital pourrait constituer une approche plus efficace, bien que des études prospectives supplémentaires soient nécessaires.

« Nos travaux de recherche semblent indiquer que, chez certains patients, le fait de reporter l’étude du sommeil jusqu’après leur congé de l’hôpital permet d’obtenir des résultats similaires, voire meilleurs, à moindre coût », a déclaré la Dre Kendzerska, spécialiste du sommeil et clinicienne-chercheuse à L’Hôpital d’Ottawa et professeure agrégée à l’Université d’Ottawa.

Les patients ayant fait l’objet d’une étude du sommeil en milieu hospitalier ont peut-être été sélectionnés en raison de leurs multiples problèmes de santé; ces conclusions devront donc être confirmées par des études prospectives.


Auteurs :

Tetyana Kendzerska, Sachin R Pendharkar, Robert Talarico, Vanessa Luks, George Chandy, Sunita Mulpuru, Kednapa Thavorn, Mark I Boulos, Michael S B Mak, Nancy Porhownik, Marcus Povitz

Financement :

La présente étude a été financée par 2023 CHEST et une subvention de recherche sur le sommeil accordée par l’American Academy of Sleep Medicine Foundation, ainsi que par l’ICES, qui est lui financé par le ministère de la Santé et le ministère des Soins de longue durée de l’Ontario.

Installations :
En savoir plus :

L’Hôpital d’Ottawa est un centre universitaire de pointe dans le domaine de la recherche et de la santé et un hôpital d’enseignement fièrement affilié à l’Université d’Ottawa et soutenu par la Fondation de l’Hôpital d’Ottawa.