Une nouvelle étude montre un moyen plus efficace d’écarter le risque de caillots sanguins chez les personnes âgées

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Les soins de santé évoluent constamment pour répondre aux besoins des patients, que ce soit par le biais de plans de soins personnalisés ou de nouvelles avancées scientifiques.

Une équipe internationale a reconnu la nécessité d'adapter les soins lors du diagnostic de la thrombose veineuse profonde (TVP) chez les personnes âgées. Pendant des années, on utilisait couramment un test sanguin pour doser les D-dimères, dont des niveaux élevés pouvaient indiquer la présence d'un caillot sanguin. Mais les résultats ne sont pas toujours précis : les taux de D-dimères augmentent naturellement avec l'âge, même en l'absence d’un caillot, ce qui conduit à des traitements inutiles.

Cette équipe a dirigé une étude internationale pour trouver un seuil adapté à l’âge dans le but de rendre les tests plus précis pour les personnes âgées et réduire les examens et autres tests inutiles. Publiée dans la revue JAMA, l’étude a porté sur 3 205 participants ayant une suspicion de TVP dans la jambe, vivant en Belgique, en France et en Suisse. Au lieu d’utiliser un seul seuil standard, les chercheurs ont adapté le seuil à l’âge pour tenir compte des taux de D-dimères naturellement plus élevés chez les personnes âgées. Les patients ayant obtenu des résultats se situant dans la norme pour leur âge ont évité des traitements inutiles, notamment une échographie des jambes et la prescription d’anticoagulants.

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« Notre objectif était de rendre le diagnostic plus efficace, en particulier pour les personnes âgées, » de dire le Dr Grégoire Le Gal.

Lors du suivi des trois mois, l’équipe a conclu que l’approche était exacte : le risque de récurrence d’un événement thrombo-embolique veineux pour les participants dans le seuil adapté à l’âge était très faible. Les personnes âgées en ont tiré de grands bienfaits, le nombre de ceux ne nécessitant pas de traitement ayant triplé par rapport à ceux de la méthode conventionnelle. 
« Notre objectif était de rendre le diagnostic plus efficace, en particulier pour les personnes âgées, de dire le Dr Grégoire Le Gal, responsable de l’étude, scientifique principal, médecin et directeur du Programme des maladies inflammatoires et chroniques à L’Hôpital d’Ottawa et professeur à l’Université d’Ottawa. « Étant donné que de nombreux hôpitaux n’ont pas constamment accès à des appareils d’échographie, les patients qui ont un taux élevé de D-dimères doivent commencer par prendre des anticoagulants, puis revenir un autre jour pour faire leur échographie. En adaptant le seuil de D-dimères à l’âge, nous pouvons réduire les examens et les traitements inutiles, sans compromettre la sécurité des patients; c’est une grande victoire pour les patients comme pour les Services d’urgence occupés. »


Auteurs :

Grégoire Le Gal, Helia Robert-Ebadi, Venkatesh Thiruganasambandamoorthy, Fares Moustafa, Andrea Penaloza, Judith Catella, Marie Chevallier Grenot, Shaun Visser, Lucia Mazzolai, Alain Plumacker, Stefano Barco, Eddy Lang, Vicky Tagalakis, Claire Deroche, Meghan Garnett, Jennifer Hulme, Pierre-Marie Roy, Alexandre Ghuysen, Francis Couturaud, Rolf Engelberger, Dominique El Kouri, Drahomir Aujesky, Marc Righini

Financement :

Le Fonds national suisse de la recherche scientifique, La Fondation des maladies du cœur et de l'AVC du Canada, Le Forum pour la Recherche Thrombo-Embolique aux Urgences, le réseau INVENT, le Centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand, le Centre de recherche clinique (Hôpitaux universitaires de Genève) et le Réseau CanVECTOR (Canadian Venous Thromboembolism Research Network).

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